Rubrique : International
Un accord à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe ?
Plusieurs dirigeants européens ont affiché leur confiance ces derniers jours dans la possibilité de débloquer la situation lundi au cours d'une réunion des ministres des Finances de l'union monétaire à Bruxelles.
A l'issue d'une conversation téléphonique vendredi, la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien Mario Monti et le Premier ministre grec Lucas Papademos se sont montrés « confiants dans le fait qu'un accord sur la Grèce puisse être conclu lundi à l'Eurogroupe ».
Le président français Nicolas Sarkozy a lui aussi « exprimé sa confiance qu'un accord sur un nouveau programme grec soit conclu dans les tout prochains jours, ouvrant la voie à une réduction substantielle de la dette grecque ».
L'aide sur la table comporte deux volets interdépendants: un effacement par les créanciers privés d'Athènes de 100 milliards d'euros de dette grecque, et un nouveau plan de sauvetage de 130 milliards d'euros de la part de ses créanciers publics. Toute la question est maintenant de savoir quelle sera la portée de l'accord qui devrait sortir de la réunion de lundi.
Le feu vert à l'effacement partiel de la dette privée, déjà largement bouclé, semble en bonne voie, et ne peut de toute façon plus attendre: s'il n'est pas mis sur les rails dans les tout prochains jours, il ne sera pas conclu avant l'échéance du 20 mars, date-couperet à laquelle la Grèce devra rembourser 14,5 milliards d'euros de dette, faute de quoi elle sera en défaut de paiement. C'est sur le volet de l'aide publique que les incertitudes sont les plus nombreuses.
Une décision « sage », mais la crise est loin d'être finie
Une bonne nouvelle est venue dimanche de Washington: le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a indiqué que les Etats-Unis soutiendraient l'idée d'un nouveau prêt du Fonds monétaire international à Athènes.
Sur l'aide européenne, pour le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, il serait « sage, judicieux et recommandable qu'on se mette d'accord sur les contours » de ce programme lundi.
Certains au sein de la zone euro sont partisans de scinder l'enveloppe, en ne libérant qu'une petite partie de l'aide dans un premier temps, et d'attendre le résultat des élections grecques et les engagements du nouveau gouvernement avant de poursuivre ou non les versements.
Paris préfère que l'accord porte sur l'ensemble de l'aide, sachant que les différentes tranches seront de toute façon déboursées en fonction des réformes réalisées par Athènes. Car la zone euro a multiplié les conditions en échange de son assistance, si bien que la Grèce se retrouve quasiment sous la tutelle de ses partenaires.
L'autre problème restant à arbitrer concerne le montant exact de l'aide publique: selon une source diplomatique, des besoins à hauteur de 5,5 milliards d'euros supplémentaires ont déjà été identifiés, car la situation de la Grèce s'est dégradée depuis octobre, lorsque la somme de 130 milliards d'euros avait été fixée.
Et il faudra sans doute aller encore plus loin, car à ce stade, les mesures envisagées sont loin de permettre de ramener le taux d'endettement public de la Grèce à 120% du PIB en 2020, comme prévu au départ.
Quelle que soit l'issue de la réunion, ce ne sera pas la fin du feuilleton grec car beaucoup va dépendre désormais de la volonté politique d'Athènes à mettre en oeuvre sa part du contrat.
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