Rubrique : Emploi / Argent
D'importants mouvements de Bourse suspects
Petit retour en arrière. Le 3 octobre 2011, l'agence de notation Moody's a publié un avis négatif sur Dexia, signant l'arrêt de mort de l'établissement financier. Jusque là, rien d'anormal. Or, un rapport d'expert donc le journal Le Soir a pris connaissance indique que la direction du groupe aurait été informée de l'imminence de la publication d'un avis défavorable de l'agence de notation, le 29 septembre.
D'importants mouvements de Bourse sur l'action Dexia ont alors été réalisés, entraînant des soupçons de délits d'initiés. Des acteurs du marché auraient bénéficié prématurément, et donc illégalement, d'une information négative qui a précipité ensuite le démantèlement du groupe. Ils auraient ainsi pu en profiter pour se débarrasser d'actions Dexia avant que son cours ne plonge.
L'expert cité par le quotidien belge, le professeur Georges Hübner de l'université de Liège, note qu'il n'y a pas encore de preuve d'un délit d'initié mais des éléments troublants qui devraient permettre au gendarme belge des marchés financiers, la FSMA, de lancer une enquête.
Le « pouvoir de vie ou de mort » des agences de notation
Le rapport est également très critique envers l'agence de notation elle-même. Il note qu'alors que trois mois plus tôt, Moody's avait publié un avis « stable » sur l'évolution du groupe, la publication abrupte d'un avis négatif sur les capacités à court terme de Dexia, a signé son arrêt de mort.
Un député vert, membre de la Commission Dexia, Georges Gilkinet critique ainsi les annonces « irréalistes » des agences de notation qui « ont le pouvoir de vie ou de mort » sur des groupes, rappelant au passage qu'« elles ne sont pas elles-mêmes contrôlées ».
En attendant l'ouverture d'une enquête sur ces éventuels délits d'initiés, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête sur le démantèlement du groupe Dexia, suite à une plainte déposée le 9 novembre par une association de petits porteurs (Dolor).
Le parquet cherche à savoir si les actionnaires de la banque franco-belge ont été trompés par les communications qu'a faites le groupe jusqu'à son démantèlement.
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