Rubrique : Luxembourg
Les actifs d'aujourd'hui seront les retraités de demain
« C'est l'une des réformes les plus importantes de cette législation, celle qui doit assurer l'avenir de notre système de pension » a d'emblée annoncé Mars Di Bartolomeo à la presse, ce matin, avant de présenter les grandes lignes de la réforme du système de pension.
Pour ne pas détruire « l'un des meilleurs systèmes de pension au monde » et ne pas se faire surprendre pour l'arrivée en retraite des quelques 400.000 personnes actuellement encore actives, « c'est maintenant qu'il faut réagir ».
La réforme des pensions ou le revers de la longévité
Pour autant, pour le ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, il faut que le nouveau régime reste solidaire. Le projet de loi ne prévoit donc aucun changement des conditions d'entrée en pension. L'âge légal de la retraite est toujours fixé à 65 ans, à condition d'avoir cotisé durant 40 ans. Les salariés sur le départ pourront toujours partir en préretraite à 57 ou 60 ans.
Mais, l'augmentation de l'espérance de vie profitable à chacun « doit avoir une contrepartie ». « Soit on décide de toucher la même pension qu'actuellement, mais on cotise trois années de plus, soit on se dit que son temps libre est plus important et on renonce à 15% de sa retraite qu'on touchera tout de même plus longtemps » tranche Mars Di Bartolomeo. Seules les petites pensions resteront inchangées et pourront tabler sur une augmentation de la rente de base.
Pas touche ni aux cotisations, ni à l'ajustement... quoi que...
« Les dix dernières années, nous (ndlr: le salarié, l'entreprise et l'Etat) avons déjà cotisé 3% de plus que nécessaire pour doper les réserves de la Caisse nationale d'assurance pension. Le taux est de 24%, alors que nous n'avions besoin que de 19%. Aujourd'hui, il nous faudrait cotiser à hauteur de 21 % » rappelle le ministre en évoquant l'épineux dossier des cotisations.
Pour le moment, il n'est donc toujours pas question ni d'une augmentation de la cotisation, ni de la suppression de l'ajustement. Mais, si la situation se dégradait encore, une augmentation progressive du taux de cotisation (jusqu'à 30%) et une réadaptation de l'ajustement ne sont pas à exclure notamment en ce qui concerne le treizième mois.
Entre coups de pouce et obligations
Grâce au projet de loi, les retraités qui souhaitent encore avoir une activité professionnelle pourront le faire sans renoncer à leur pension. Actuellement, les revenus touchés pour un travail en période de retraite ne doit pas dépasser un tiers du salaire social minimum. La nouvelle législation permettrait, au contraire, à un pensionné de gagner l'équivalent de 5 mois du salaire brut le plus élevé de tout son parcours professionnel, sans perdre un centime de sa rente.
Les personnes qui ont interrompu leur carrière pourront, à raison de 100 euros de cotisations par mois (au lieu de 300 euros actuellement), faire valoir leur droit à la retraite. En d'autres termes, ces années d'interruption seront comptabilisées comme années cotisées.
Il y a néanmoins une condition sinequanone à l'efficacité de la réforme : rendre le travail des plus de 55 ans possible dans les entreprises. Le ministre de la Santé et son homologue du Travail se sont ainsi mis d'accord sur, ce qu'ils ont appelé, le pacte de l'âge. Mars Di Bartolomeo et Nicolas Schmit préfèrent mettre en place une législation pour inciter les entreprises à embaucher les seniors... Si le ministre de la Santé est resté flou sur les mesures concrètes de ce pacte, il assure qu'un projet sera finalisé dans les prochains mois.
lire la suite
lire la suite
lire la suite





News352.lu sur Facebook






