Rubrique : Culture / Loisirs
Un canal qui leur permet d'enfin parler librement
Treize commissaires européens sur vingt-sept se servent de cet outil et certains, comme la Suédoise Cecilia Malmström, en charge des Affaires intérieures, le font avec une grande liberté de ton, n'hésitant pas à prendre des positions tranchées sur des dossiers étrangers à leur domaine de compétence.
« Enfin un sommet au cours duquel on discute emploi et croissance. Mais c'est trop peu et trop tard », a ainsi écrit Mme Malmström dans un commentaire signé de ses initiales posté à l'issue du sommet européen du 30 janvier.
Un retour de bâton est-il possible pour sanctionner les commissaires qui s'octroient trop de libertés sur le réseau social? « Impossible, c'est trop tard », assure une source au sein de l'institution.
Aucune règle ne leur a été imposée, confirme la porte-parole de l'exécutif Pia Ahrenkilde Hansen. « Chaque commissaire utilise ce canal informel pour communiquer sur sa politique et sur l'actualité ». « Ils expriment leurs positions personnelles, mais relaient aussi les positions de la commission », a-t-elle ajouté.
Twitter leur a « rendu une liberté de parole qui avait été confisquée » par les procédures de la Commission en matière de communication, souligne un membre de l'entourage des commissaires.
La communication officielle a pris un sérieux « coup de vieux »
« Pas question de faire valider les tweets avant publication. Ce serait impossible », précise une source au sein de l'institution. « Twitter a ouvert une brèche dans la communication officielle », atteste une autre.
« Le président de la Commission, José Manuel Barroso a lui-même encouragé les commissaires à utiliser Twitter », souligne-t-on de même source. « Nous devons être présents dans les médias que les gens utilisent et nous devons tout le temps nous adapter », explique sa porte-parole. « Mais ils ne remplaceront pas les canaux de communication traditionnels », a-t-elle insisté.
Au départ, l'idée était d'utiliser Twitter pour porter la parole officielle. Mais, une fois entré dans la place, le petit oiseau bleu, logo du réseau, a permis aux commissaires de s'échapper de la cage et plus question de les y faire rentrer, assure-t-on au sein de l'institution.
Twitter a donné un sérieux coup de vieux à la communication officielle et une réforme est à l'étude pour tenter de la dépoussiérer. Cette réforme est réclamée avec insistance. « A force », a confié un porte-parole, « on donne l'impression d'être devenus des robots ».
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