Rubrique : France / Belgique
Di Rupo voulait démissioner
Chargé le 9 juillet de mener les discussions pour la formation d'une coalition gouvernementale, Elio Di Rupo était depuis quelques jours dans une situation de blocage, les divergences entre partis flamands et francophones restant insurmontables.
Dimanche, le président du PS "a demandé au roi d'être déchargé de sa mission", a indiqué le palais royal dans un communiqué, à l'issue d'une audience de plus de trois heures.
Tandis que l'échec semblait consommé, "le roi a refusé (cette démission) et lui a demandé de poursuivre sa mission", ce que M. Di Rupo "a accepté", poursuit le communiqué.
Retrouver un climat de confiance
Le président du Parti socialiste devra en particulier tenter de débloquer plusieurs points, selon le palais royal : celui de l'arrondissement électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV", le "refinancement de Bruxelles" et la "nouvelle loi de financement" des régions et de l'Etat fédéral belges.
M. Di Rupo devra également tenter de faire le lien "entre ces trois sujets afin de rétablir la confiance entre les négociateurs", ajoute le communiqué.
Vainqueur côté francophone aux élections de juin, Elio Di Rupo multiplie les réunions depuis début juillet, mais il a fini par buter sur l'intransigeance de la N-VA (la Nouvelle Alliance flamande, indépendantiste) et de son chef très populaire en Flandre, Bart De Wever. Les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) du Premier ministre sortant Yves Leterme ne se sont pas montrés plus souples.
Deux sujets trop épineux
Face à des partis flamands réclamant une plus large autonomie pour leur région, les francophones, conscients que le pays est à un tournant, ont fait plusieurs concessions de taille.
Ils avaient notamment accepté le transfert de compétences supplémentaires (emploi, allocations familiales, soins de santé, sécurité civile ou encore tourisme) vers la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale, les trois régions du pays.
Malgré ces avancées, les négociations achoppaient ces derniers jours sur la question de l'augmentation des moyens financiers de Bruxelles, habitée à 90% par des francophones, et sur l'épineux dossier de l'arrondissement électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dont les partis flamands souhaitent la scission depuis des années.
Deux partis refusent le compromis
Elio Di Rupo avait proposé ce week-end que le budget de Bruxelles-Capitale soit progressivement augmenté (d'abord de 300 millions d'euros, puis de 500 millions d'euros annuels) en échange d'une scission de BHV. Un sacrifice pour des dizaines de milliers de francophones vivant dans la banlieue flamande de la capitale, qui perdraient le droit de voter pour des candidats de leur communauté linguistique aux législatives.
Si cinq partis ont "exprimé leur souhait d'aboutir à un compromis équilibré" -SPA (socialistes flamands), Groen (écologistes flamands), CDH (centriste francophones), Ecolo (écologistes francophones) et PS (Parti socialiste francophone)-, la N-VA et le CD&V n'avaient "pas répondu positivement", selon Elio Di Rupo.
Bart De Wever, bien que grand partisan de la scission de BHV, a quant à lui indiqué qu'il n'était pas prêt à "signer un chèque en blanc" pour la région bruxelloise. L'homme le plus populaire de Flandre n'a pas obtenu les garanties qu'il souhaitait.
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