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La kétamine, un anesthésiant mais aussi narcotique, soigne la dépression
19/08/2010, par AFP
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La kétamine, une molécule utilisée depuis longtemps comme anesthésiant chez les enfants et les animaux, mais aussi classée comme narcotique, soignerait mieux et plus vite la dépression que la plupart des anti-dépresseurs.

La kétamine, une molécule utilisée depuis longtemps comme anesthésiant chez les enfants et les animaux, mais aussi classée comme narcotique, soignerait mieux et plus vite la dépression que la plupart des anti-dépresseurs, affirme une étude américaine publiée jeudi.

Des chercheurs de l'université Yale (Connecticut, nord-est des Etats-Unis) ont administré à des rats une faible dose de cette molécule. Ils ont découvert qu'elle atténuait grandement un comportement dépressif et rétablissait des connexions entre des cellules du cerveau, endommagées par un stress chronique.

La kétamine "agit comme un médicament miracle, une seule dose a des effets qui durent de sept à dix jours", affirme Ronald Duman, professeur de psychiatrie à Yale et principal auteur de l'étude publiée dans la revue Science.

Ces recherches semblent confirmer des études précédentes, notamment celle effectuée par le Centre de santé mentale du Connecticut, qui, il y a dix ans, avait observé les effets bénéfiques de petites doses de cette molécule sur des patients très dépressifs. La kétamine est administrée par intraveineuse.

Traditionnellement utilisée comme anesthésiant chez l'enfant parce qu'elle n'est pas un barbiturique et qu'elle affecte moins la respiration, la kétamine est aussi très populaire en médecine vétérinaire.

Elle est également consommée en usage détourné dans les "raves" (fêtes techno) comme acide, appelé "Vitamine K", "Special K" ou simplement "K". Dans de nombreux pays, elle est classée comme narcotique. Elle provoque des hallucinations et des troubles du jugement et de la motricité.

Les chercheurs de Yale, Ronald Duman et George Aghajanian, ont observé que la kétamine agissait chez le rat comme un lien permettant de nouvelles connexions entre les neurones. "C'est l'existence de ce lien qui est la découverte", a affirmé le professeur Aghajanian dans un communiqué.

Alors que pas moins de 40% des patients atteints de dépression ne répondent pas aux traitements traditionnels des anti-dépresseurs et que beaucoup d'autres ne répondent qu'après plusieurs mois, voire plusieurs années de suivi, les chercheurs ont noté que de faibles doses de kétamine traitaient rapidement des patients atteints de tendances suicidaires.

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