Rubrique : France / Belgique
M. Di Rupo a rendu compte au roi Albert II des résultats des pourparlers engagés avec le leader indépendantiste flamand Bart De Wever et les dirigeants de cinq autres formations chrétiennes-démocrates, socialistes et écologistes sur une réforme institutionnelle et un train de mesures pour réaliser 25 milliards d'euros d'économies.
"Le Roi lui a demandé d'approfondir les aspects institutionnels et de poursuivre sa mission", a annoncé le palais royal dans un communiqué.
Son bilan est maigre, ont affirmé vendredi les médias belges citant des sources proches des négociateurs.
Le quotidien flamand De Morgen a affirmé qu'il s'est rendu chez le roi "les mains vides" et l'essayiste politique Jules Gheude a jugé sa mission "impossible", dans une tribune publiée dans le quotidien francophone Le Soir.
Elio Di Rupo a assuré lors d'une conférence de presse après sa visite au Palais que l'objectif de sa mission, à savoir "élargir les éléments de convergence entre les différents partis représentés autour de la table", était "largement rencontré".
"Est-ce que cela veut dire que tous les problèmes sont résolus? Hélas non", a-t-il toutefois reconnu, soulignant qu'il y avait "les éléments d'un accord, oui, mais comme d'habitude, tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien".
Il va néanmoins tenter de définir les grandes lignes de programme et les partis sur lesquels peut s'appuyer la formation d'un gouvernement fédéral.
Car un échec serait lourd de conséquences et pourrait sonner le glas du fédéralisme belge. Cette hypothèse est néanmoins jugée plausible tant les difficultés à surmonter sont importantes.
"Vouloir marier la NV-A (parti de Bart de Wever) au PS, un parti flamand de droite séparatiste, fossoyeur affiché de la sécurité sociale, à un parti francophone de gauche fédéraliste, attaché à une solidarité nationale, c'est vouloir marier l'eau et le feu", a ainsi souligné La Libre Belgique.
"L'objectif avoué du républicain Bart De Wever est d'aller vers deux entités autonomes", a pour sa part rappelé Jules Gheude.
Selon lui, l'échéance de la séparation de la Belgique "est à nos portes" et "un divorce à l'amiable reste la meilleure solution".
Un éclatement de la Belgique aurait de graves conséquences économiques, car "il mènerait à un défaut de paiement de la dette publique", a averti une étude réalisée par un cabinet de gestion britannique cité par les media belges.
"Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du fédéral vers les entités fédérées", a reconnu Elio Di Rupo devant la presse.
"Mon souhait est que cela puisse se passer d'une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges. A titre personnel, j'estime que notre pays doit rester une valeur ajoutée pour l'ensemble de la population", a-t-il ajouté.
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