Rubrique : Emploi / Argent
Avec des prix qui s'envolent en moyenne jusqu'à 550.000 euros pour l'achat d'une maison et jusqu'à 370.000 euros pour un appartement, selon les derniers chiffres de l'observatoire de l'habitat rien n'est plus difficile surtout pour un jeune couple de trouver un vrai pied à terre au Grand-Duché.
Audrey, 31 ans et son mari, Jetze Komrij, 27 ans, ne le savent que trop bien. Le jeune couple a pourtant une bonne situation: elle travaille à la Cour européenne de Justice et lui gère un bar dans le centre-ville de Luxembourg.
Des salaires dérisoires
Depuis leur mariage en mai dernier, ils souhaitent s'installer. Audrey, qui est originaire de Malte, a expliqué à News352: «J'ai pensé qu'il serait mieux d'acheter, que l'argent du loyer est de l'argent gaspillé, d'autant plus que nous avons l'intention de nous établir au Luxembourg pour de bon. Toutefois, pour le moment c'est impossible, tout simplement parce que j'ai un contrat qui est renouvelé sur base annuelle. Nous pourrions obtenir un prêt grâce au salaire de Jetze, mais les prix en ville (ndlr: la capitale) sont tout simplement horriblement chers et l'achat d'un appartement de taille respectable y est impossible. »
Plus de possibilité de l'autre côté de la frontière
Audrey et Jetze sont, comme d'autres, des vitimes de la spéculation immobilière qui n'est pas prête de s'arrêter. De nombreux couples sont donc obligés d'acheter de l'autre côté de la frontière, en France, en Allemagne ou en Belgique où ils peuvent trouver une maison avec trois chambres pour le prix d'un studio à Luxembourg.
Mais cette solution est loin d'être idéale pour ces travailleurs frontaliers quand on pense aux bouchons quotidiens auxquels ils sont confrontés chaque jour. Le niveau élevé de la demande causée par l'explosion démographique du Luxembourg (qui a grossi de 122.800 personnes en 20 ans seulement) est souvent dénoncé comme étant la cause du dopage des prix immobiliers pour un premier achat.
Les agents immobiliers à blâmer
Sylvie Jacques, qui travaille pour l'agence immobilière RE / MAX estime que cela n'a rien à voire avec la spéculation et rejette la faute sur les pratiques douteuses de certains agents immobiliers. Elle a déclaré à News352: "Il n'y a pas de système formel d'évaluation de la valeur réelle des biens au Luxembourg. En conséquence, les agents immobiliers ne contestent pas le prix imposé par les vendeurs. Cela veut dire que les prix restent élevés, même pour les propriétés qui ne sont pas nécessairement de bonne qualité. "
Sylvia conseille les acheteurs novices de durement négocier lorsqu'il se trouve devant un bien qui leur plaît, mais dont le prix reste élevé par rapport à la prestation. Ce qui n'est pas le cas de tous les agents immobiliers croit-elle savoir. «Ils ne s'occupent pas de l'acheteur. À l'heure actuelle, un acheteur voit une annonce, l'agent s'occupe de la visite, mais ne l'aide pas. Les acheteurs ne savent pas qu'il existe d'autres biens parce qu'il n'y a pas de service à la clientèle » ajoute encore Sylvie.
Ce que l'Etat prévoit
Le gouvernement semble être bien au courant de la lutte de ces jeunes acheteurs en quête d'un logement. Début juillet, il a proposé un mécanisme de location-vente. Le principe est simple: si un ménage ne dispose pas d'un capital propre pour effectuer un prêt immobilier, il peut signer un contrat de location-vente qui lui permet de louer le bien et de déduire une partie des loyers payés du prix de vente. Pour autant, cela ne résout pas le problème de la valeur des propriétés.
Pour ce faire, le ministre du Logement, Marco Schank estime que le seul espoir repose sur les nouveaux développements et la restauration de bâtiments anciens et abandonnés. Il a dit à News352: "La législation actuelle prévoit des aides importantes de l'État, jusqu'à 100% de la construction et des coûts d'acquisition pour un promoteur qui crée des logements pour les travailleurs étrangers, les demandeurs d'asile, étudiants, stagiaires et chercheurs ».
Le ministre a également fait la promotion de la nouvelle" Agence Immobilière Sociale (www.ais.lu). Cette institution cherche activement des logements privés, qu'ils peuvent restaurer ou rénover pour les louer à des ménages à faible revenu.
Si ces mesures pourront aider les familles ou les jeunes couples désireux de devenir propriétaires reste encore à voir. Mais si rien n'est fait, Luxembourg pourrait bientôt ressemble à un pays fantôme une fois les heures de travail passées.
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