Rubrique : International
"C'est dans ce genre d'étapes que l'on voit les favoris, ceux qui sont là, ceux qui sont en difficulté. Moi j'étais présent à 100%, mentalement et physiquement", a-t-il résumé sans circonvolution en conférence de presse avant de lancer: "Et maintenant... le jaune !".
Andy Schleck est un favori. Aucune surprise, il l'avait annoncé avant même le départ de la Grande Boucle. Imperméable à la pression, le jeune homme affiche toujours franchement ses ambitions.
Beaucoup ont explosé après avoir été propulsé "prodige du cyclisme". Lui n'a fait que confirmer.
Ses talents sont indéniables et lui valent, malgré sa jeunesse, déjà une légende: une ascension du Mont-Ventoux à 12 ans réalisée en une heure, soit cinq minutes de plus que le record d'Iban Mayo!
Après avoir débuté en 2004 au VC Roubaix sous la direction de Cyrille Guimard, le frêle blondinet luxembourgeois est passé l'année suivante à l'échelon supérieur, sous les ordres de Bjarne Riis à la CSC puis à la Saxo Bank.
En 2007, pour son premier Tour d'Italie, il termine à la deuxième place. Lors de son premier Tour de France l'année suivante, il paie son inexpérience, victime d'une "fringale" dans la montée d'Hautacam qui lui avait coûté près de neuf minutes. Dernier, trois jours après une démonstration de force de Contador à Verbier, il a tenté avec son frère aîné et meilleur équipier, Frank, de faire craquer l'Espagnol dans le col de Romme. En vain. Avant de terminer à la deuxième place au classement final.
"Je me sens plus fort que l'année passée. On a travaillé plus que l'année passée, je me sens plus fort, plus stable aussi", assurait-il à deux jours du départ du Tour.
Les premiers jours n'avaient pourtant rien pour le mettre en confiance: une performance "de merde", de son propre aveu, dans le prologue (122e place), et surtout la perte de son frère Frank, resté sur les pavés du Nord, clavicule cassée, pendant que lui roulait en trombe vers Arenberg. Le cadet était apparu ému à l'issue de l'étape en évoquant le sort de son frère, avec lequel il entretient une relation fusionnelle.
Son équipier Fabian Cancellara rassurait: "J'ai regardé Andy et j'ai vu dans ses yeux qu'il était prêt".
Il a montré dimanche lors de la première étape alpestre, sous les yeux de son père Johnny, lieutenant de Jan Janssen et Luis Ocana dans les années 1960-1970, qu'il n'avait besoin de personne. Andy Schleck connaît ses forces (ses talents de grimpeur, son sang-froid) et ses faiblesses (le contre-la-montre), s'appuie sur les premières et travaille les secondes.
"Je suis encore jeune, je progresse plus que les autres", ses rivaux Alberto Contador (27 ans), Cadel Evans (33 ans) ou Lance Armstrong (38 ans), soulignait-il lucide à l'AFP à l'issue du Tour de Suisse.
"L'an dernier, j'étais un peu leader mais on ne savait pas encore ce qu'on pouvait faire avec le +jeune Schleck+. J'ai montré que je suis capable de prendre pied sur le podium. Dès l'an dernier, j'ai pensé que je pouvais battre Contador", raconte-t-il.
Le "jeune Schleck" a sur les épaules le maillot blanc du meilleur jeune du Tour de France mais c'est bien le maillot jaune qu'il vise.
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