Rubrique : International
La planète internet s'est agitée lundi autour d'un certain Jean-Baptiste Botul, écrivain fictif dont l'oeuvre publiée serait une mystification littéraire, cité par Bernard-Henri Lévy dans l'un de ses derniers livres.
A la page 122 de "De la guerre en philosophie" (Grasset), un ouvrage très sérieux reprenant un texte prononcé par BHL le 6 avril 2009 à l'Ecole nationale supérieure de la rue d'Ulm, ce dernier cite "Jean-Baptiste Botul" et "une série de conférences aux néo-Kantiens du Paraguay" donnée par ce spécialiste de Kant au lendemain de la Seconde guerre mondiale.
Bernard-Henri Lévy n'était pas joignable lundi soir. Pas davantage que Frédéric Pagès, journaliste au Canard Enchaîné et créateur de ce personnage fictif haut en couleur. Selon lui, Botul (1896-1947) serait originaire de Lairière dans l'Aude et serait un philosophe de tradition orale, père du "botulisme", n'ayant laissé aucun ouvrage écrit officiel.
En revanche, l'oeuvre de Jean-Baptiste Botul "existe" et il a bel et bien été édité, assuraient lundi dans un communiqué son éditeur français, les éditions Mille et Une nuits, et l'Association des amis de Jean-Baptiste Botul (A2JB2 pour les intimes), présidée par Frédéric Pagès.
Son plus célèbre ouvrage "La vie sexuelle d'Emmanuel Kant", sa "plus fameuse conférence donnée en 1946 au Paraguay a été traduite en neuf langues et ses oeuvres sont diffusées dans toute l'Europe et le Brésil", relève l'éditeur. "Quels auteurs dont nul ne contesterait l'existence pourraient en dire autant?", ajoute-t-il.
"L'oeuvre existe et chaque livre de Botul publié est présenté par la personne ou les personnes qui en ont établi l'édition", souligne à l'AFP Sandrine Palussière des éditions Fayard (Mille et une nuits), qui tient à ajouter que l'Association travaille depuis plus de dix ans à faire paraître conférences, journaux, procès-verbaux et autres textes du philosophe qui avait élaboré la Métaphysique du Mou...
"Pouvait-on dire qu'Emile Ajar n'existait pas, qu'il n'y avait que Romain Gary? C'était une autre forme d'expression littéraire, une autre oeuvre", ajoute l'éditeur. Ajar et Gary avaient chacun été couronné par le prestigieux prix Goncourt. La dédoublante mystification n'avait été découverte qu'après la mort de Romain Gary.
Peut-on dire alors que Jean-Baptiste Botul est le pseudonyme de Frédéric Pagès, peut s'interroger le lecteur.
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